Il y a peu de temps je t'ai conseillé de ne jamais voyager avec un petit être qui ne pourrait t'informer (verbalement) de ce qui l'angoisse autant à l'idée de quitter son chez lui.
Que ce soit un nain ou un chat...

Personnellement je n'ai encore jamais voyagé avec un enfant, mais le peu de nains que j'ai croisé dans tous les avions que j'ai pu prendre n'ont pas particulièrement apprécié le voyage: pleurs incessantes au décollage, cris allant crescendo en rapport à la prise d'altitude bien sûr.
Une fois que la jeune mère peut se détacher elle va opter pour la ballade entre les rangs et dans ce cas tu auras les chouinements bien trop près de ton oreille toutes les 5 minutes (si t'as la chance d'être dans un très gros avion).
S'en suivra une bonne phase de dodo, pour un réveil en fanfare 4h plus tard pour la couche ou le bib' au choix.
Et c'est là où Toi, jeune mère, tu vas me dire qu'il n'y a pas que dans un avion que ça se passe comme ça. Que c'est juste ton quotidien.
Mais ça je n'ai pas encore le privilège de le savoir.

Par contre le "voyager avec un chat" n'a rien à voir avec le "vivre avec un chat".

En règle générale ton chat est indépendant, il passe sa journée dehors, rentre le soir pour la gamelle de croquettes et s'il a beaucoup de chance il aura sa petite séance de papouilles pour un dodo bien au chaud sur la couette.

Voyager avec lui, veut dire qu'il va passer des heures enfermé dans une petite caisse, sans manger, sans boire, sans le pipi, en ne sachant pas du tout ce qu'il se passe ni où on va.
En gros imagine toi laisser ton bébé dans une caisse sans pouvoir le nourrir, ni le changer pendant 20 heures...
Impossible?
Pour moi ce fut un calvaire.

Avant de partir, j'avais bien expliqué à Dinou qu'on allait partir loin, que ça allait être un si long voyage et qu'il n'allait pas revoir sa maison ni ses potes pendant super trop longtemps.
Il a eu ses visites chez le véto pour être pucé, pesé, vacciné et identifié.
J'avais bien pris notes auprès de la compagnie aérienne des conditions de vols en cabine histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises.

Et déjà ça se corsait...
Ils m'acceptaient Dinou et sa cage pour un total de 7 kilos, sinon c'était direct en soute.
Tout seul. Dans le noir. Au milieu d'autres animaux apeurés.
Il était hors de question que je le laisse, au pire j'aurai demandé à voyager avec lui en soute.
J'te jure j'étais cap'!
Le problème majeur étant que Dinou pesait a lui tout seul 7,4kgs (et vas pas me dire qu'il est gros, il a juste vachement de poils!).
C'est à ce moment là qu'on a entamé un régime drastique, fini la paté friskies, whiskas & co à volonté. 
Imagine toi faire perdre à ton bébé près de 2 kilos pour qu'il puisse prendre l'avion en cabine et pas en soute...

Au bout de 2 mois il ne faisait plus que 6,2kgs. Well done Dinou!!!
Lui et sa cage ne dépassaient plus que de 400g le poids autorisé.
J'allais miser sur son regard de loveur pour amadouer la gentille dame de l'enregistrement.

Nous voilà donc parti pour 1 heure de voiture, puis 1h30 de train, pour finir avec 1h de bus pour enfin arriver à l'aéroport. Tout s'est très bien passé, vu qu'il avait déjà pris ces 3 modes de transport je ne m'inquiètais pas trop.

On s'enregistre vite, il fait effectivement les yeux doux à la dame du guichet et les 400 grammes de surplus passent inaperçus.
Ses vaccins sont en règles, son passeport est à jour on va pouvoir se mettre dans un endroit calme pour les 3h d'attentes.

Arrivés au contrôle de sécurité on me demande de mettre la cage sur le tapis pour le passage aux rayons X.
Et là je flippe grave.
Il est hors de question que mon bébé fils passe là dedans, je ne veux pas qu'il soit irradié, ça peut lui faire trop de mal.
Nan vraiment Madame j'vous jure, j'veux pas. J'vous promets que j'ai pas mis de drogue dans sa cage, encore moins de bombe. Allez d'accord? On peut y aller? Hein...
La dame ne nous a bien evidemment pas laissé passer et m'a proposé de prendre Fils dans mes bras et de passer la cage aux rayons.
Et c'est là où ça a coincé...
Beaucoup trop de monde, de bruit, de bip bip bip... 
Dinou n'a jamais voulu sortir et j'ai dû le mettre dans le "tunnel à rayons"
Vas y Jeune Mère, imagine toi passer ton bébé là dedans...
Au pire on va fouiller la couche de ton nain mais jamais on va te l'irradier!!

Dinou n'étant pas Fils de Taliban (mais fils d'arabe je te l'accorde) on a pu passer sans la fouille au corps.
Il avait même pas l'air trop mal après le passage du tunnel.
J'espère  juste que dans les mois à venir il ne va pas lui pousser des tumeurs, voire même une deuxième queue... On a vu ce que ça a donné Tchernobil hein!

On arrive donc dans le petit salon d'embarquement, il nous reste peu de temps avant le fameux décollage.
Le stress monte et je préfère donner son petit médicament à Fistou histoire de lui faciliter la suite du trajet.
J'ai à peine galérer à lui faire avaler... va donner une micro gélule en passant juste une main dans la cage toi!
Il m'a à peine griffé, m'a si peu craché dessus et n'a pratiquement pas miauler à la mort.
Normalement le somnifère devait faire effet 1 heure après, c'est à dire pile pour le décollage.
On allait pouvoir être tranquille. Lui comme moi.

A force d'attendre et de me dire que je vais passer ces 8 prochaines heures enfermée sans nicotine, je demande à la jeune fille à côté de moi de surveiller Fils le temps d'une dernière cigarette.
Celle ci me répond d'un air distant "Oui bah de toute façon il ne va pas aller bien loin..."  (connasse)
Je lui laisse quand même et pars. La cigarette me fait faire n'importe quoi...

A peine le temps de tirer trois lattes que j'entends :

Tunununuut (annonce d'accueil au haut parleur) Pour des raisons de sécurité nous vous demandons de ne pas laisser vos bagages sans surveillance et de nous informer de tout colis suspects. You're attention please... Tunununuut.

Ça ne fait qu'un tour dans ma tête et je m'imagine déjà 15 militaires aux Famas prêts à charger autour de mon Fils.
Sont tellement dingues ces cons qu'ils seraient prêts à dégommer un chat le prenant pour une bombe H!

J'écrase ma clope dare dare et court auprès de la prunelle de mes yeux.

Il est toujours dans sa cage, la nana l'a bien surveillé, et moi j'ai même pas fumé en paix. Chier!

De toute façon il est temps d'embarquer...

Une fois à bord je me retrouve derrière la rangée des jeunes parents et leurs nains et je réalise que l'espace entre mon siège et celui de devant est très limité et qu'on va sacrément être à l'étroit.
Autant au niveau de l'espace qu'au niveau de la nuisance sonore.

Quant à savoir qui fera le plus de bruit... Le nain ou le chat??? Suspense.

Je cale la cage entre mes pieds, j'ai vraiment pas de place.
Parce que moi j'ai pas le petit emplacement sur le mur pour caler un berceau comme la maman devant moi.
Payer 50€ pour avoir le droit de mettre une cage entre mes jambes?? Super!
Et la maman elle a payé elle la place de son nain??? Hein?

Je vous épargne la phase des exercices de sécurité, passons aux choses sérieuses.
C'est à dire le moment où Roger met les gaz...

Force est de constater que ce foutu somnifère à chat ne fait pas effet et qu'une toute petite boule de poil peut, sous la peur, se transformer en Lion!!!
Et que les cris d'un nain à côté ne sont que des gazouillis.

Il fait des bonds de malades, tente d'arracher la grille de la cage, mort, griffe, rugit.
C'est hyper flippant.

Le seul moyen de l'appaiser que j'ai trouvé est de mettre sa cage sur mes genoux, de lui parler et de le caresser à travers la grille.
Vachement confortable.

Ça a l'air de marcher, il se calme.
Se calme un peu trop même.
Il tombe raide, ses yeux roulent dans ses orbites, la langue pendante!

Je panique et je le vois mort.
Mon monde s'écroule, je ne comprends plus rien, je regrette de l'avoir amené avec moi. Je le secoue, parle plus fort mais rien.
Il ne se passe plus rien! Je suis à deux doigts de demander à la maman face à moi ce qu'il faut faire en cas de malaise chez un nourrisson, d'hurler "y'a pas un medecin là dedaaaaans???" mais je me reprends.

Puisque je me rappelle les paroles de ma chère maman " Ne t'inquiète pas s'il devient tout poupée de chiffon, ce sera le somnifère qui fera effet".
C'est donc que ce foutu médicament marche.
Je décide donc de me (et à mon voisin de siège) faire un peu de place et de remettre la cage entre mes pieds.
Mauvaise idée, n'entendant plus ma douce voix le bercer le voilà qui se remet à rugir!

Pendant que le bébé d'en face laisse 4 heures de répit à sa mère pour qu'elle puisse matter un petit film peinard, moi, je vais devoir passer 8 heures avec une cage de presque 8 kgs sur les genoux, à parler, chantonner et à caresser mon bébé à travers une grille... même au moment du repas.

Ce serait mentir de dire que l'hôtesse de l'air ne m'a pas pris pour une folle à lier.

Nous arrivons tant bien que mal à St Martin, fatigués, déboussolés et surtout crevant de chaud.
Je vois ma copine Jeune maman qui donne de l'eau à son petit, lui met juste le petit body, nanani nanana... crâneuse!
Le mien ne peut toujours pas boire, ni manger, ni faire pipi. Et je ne peux lui enlever son pelage moumoute d'hiver pour qu'il ait un peu moins chaud! 
On va devoir rejoindre au plus vite le port pour le dernier bateau de la journée pour St Barth, au moins là bas il y aura un peu de vent.

Et autant il a mal vécu l'avion, autant le bateau s'est bien passé. Enfin je crois.
Puisque oui il y a eu du vent... donc de grosses vagues.
Je l'ai laissé dans un coin et moi j'ai lutté pour ne pas gerber.
Un peu plus et je lui piquais un somnifère ayant laissé le Mercalm au fond de la valise...
Du coup je n'ai pas pu garder les yeux ouverts (ma technique en cas de mal de mer: fermer les yeux et m'imaginer dans un manège) et je ne saurai jamais comment il a vécu la mer.

En tout cas à l'arrivée il n'y avait pas de vomis dans la cage, et encore moins de pipi après 20h de voyage!

Tu ne peux pas en dire autant hein Jeune Maman??
C'est cher les pampers hein??? 

Mon Doudou a pu prendre la relève: litière, croquettes, câlins... et moi je suis allée me coucher.

Je me suis fait une nuit de près de 12 heures, puisque mon fils, en dehors de sa caisse, est finalement hyper indépendant...

 

 

 

En écrivant ça je pense bien sûr à toutes ces femmes devenues mères, à celles qui le deviennent et à celles qui le deviendront...